jeudi 30 octobre 2008

Vague de dénonciations à la mairie du Vème

"Elle ne dénonce pas, elle signale". C'est ainsi que Jean Tibéri, maire du Vème arrondissement de Paris, a défendu la fonctionnaire qui avait dénoncé au procureur Nancy M.,une équatorienne sans papiers . Cette légitimation a posteriori d'une pratique taboue dans la société française a eu le don de décomplexer les fonctionnaires de la mairie et de délier les langues.

Ainsi, ce matin, un agent administratif s'est rendu au commissariat le plus proche pour signaler aux autorités le comportement délictueux de Jean Tibéri. Le fonctionnaire déclare détenir des preuves matérielles de la fraude massive aux faux-électeurs. Par ailleurs, il aurait fourni aux policiers des détails troublants qui pourraient conduire la justice à réouvrir le dossier des HLM de Paris.

Un couple au-dessus de tout soupçon

En apprenant la nouvelle, Jean Tibéri a publié un communiqué où il tente de se dédouaner : "Je tiens à signaler que toutes ces affaires étaient directement pilotées de l'Hôtel de Ville et qu'à l'époque je ne faisais rien qui ne m'était expressément ordonné par Jacques Chirac. L'argent détourné allait directement dans les coffres de l'Hôtel de Ville. Et il m'est d'avis que cet argent dort maintenant paisiblement sur un compte au Japon."

"Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose"

La réaction de l'ancien Président ne s'est pas fait attendre. Dans une tribune publiée dans le Monde, Jacques Chirac crie au complot. "A travers cette histoire abracadabrantissime, c'est l'héritage politique gaulliste qu'on cherche à discréditer. Le virage atlantiste donné à la France par Nicolas Sarkozy n'est pas du goût de tous au sein de la majorité. En m'attaquant, on cherche à faire taire les gaullistes et tous ceux qui défendent l'indépendance de la France. (...) Je ne céderai pas aux intimidations et je me tiens bien évidemment à la disposition de la justice, à laquelle je ne manquerai pas de signaler que Nicolas Sarkozy est l'héritier politique de Charles Pasqua dans les Hauts de Seine. "

Qui veut leur nuire?

Devant le tohu-bohu médiatique déclenchée par les sous-entendus de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy s'est invité au 20h de TF1. Tout en balayant d'un revers de main les accusations de complot politique, il a promis "une grande loi d'amnistie pour épurer la vie politique française de ces vieilles histoires de financement occulte. En ces temps difficiles, le pays a besoin avant tout d'unité, de réconciliation." Le président s'est ensuite voulu plus offensif : "Je cherche des explications à cette agitation soudaine. Le plus simple est de se demander à qui profite le crime. Qui a intérêt à voir la droite française se déchirer? Je signale simplement qu'il me semble que c'est la gauche qui tire bénéfice de ces querelles. Je n'accuse pas, je signale."

Des terroristes défilant en toute impunité

Ce soir, le très sarkozyste député Frédéric Lefèvre s'est chargé d'expliquer les allusions du président : "Il est évident que cette campagne calomnieuse est orchestrée par l'extrême gauche. Des associations comme RESF, qui pratiquent le terrorisme intellectuel, ont tout intérêt à encourager ce genre de comportements odieux, qui, de dénonciations en calomnies détournent l'attention des Français des vrais problèmes. Parce que pendant qu'on glose sur les supposées malversations des dirigeants de l'UMP, moi je vous signale qu'une équatorienne en situation irrégulière dort chez elle en toute impunité. Voilà la plaie de notre pays."

Jeudi matin, Nancy M. était entendu au commissariat du Vème.

4 commentaires:

yelrah a dit…

Y a balance et balance...
http://miroska78.free.fr/Peinture/balance.JPG

jj a dit…

@yelrah
ouah de bon matin comme ça... la balance de la justice...
je ne sais plus à quel sein me vouer
...
tout cela est bien subversif

je ne manquerai pas de le SIGNALER aux ZautoriTeZ KomPeTanTEU.
D ailleurs je viens de voir passer un oiseau migrateur ce matin, avis zo chasseurs

Amicale a dit…

L'honneur est sauf.

jardin a dit…

Je vous signale que je vais de ce pas signaler Monsieur Bernard aux autorités.

Je suis une vraie citoyenne, moi, môssieu, et je sais où est mon devoir!