jeudi 2 octobre 2008

Jean-Marc Rouillan en charge du problème des parachutes dorés

La conversion de Nicolas Sarkozy à l'interventionnisme économique a pris un tour spectaculaire ce soir. Le président de la République vient en effet de confier à Jean-Marc Rouillan une mission interministérielle. La feuille de route de l'ex membre d'Action Directe est claire : moraliser le monde de la finance et régler notamment le problème des parachutes dorés.

La mesure peut paraître radicale, mais Nicolas Sarkozy avait prévenu le patronat : "Ou bien les professionnels se mettent d'accord sur des pratiques acceptables, ou bien le gouvernement de la République règlera le problème". Devant les atermoiements de Laurence Parisot et l'attentisme général du MEDEF, le président a pris le taureau par les cornes et envoyé un message clair aux patrons peu scrupuleux. L'impunité est terminée et la lutte sera impitoyable. Malgré tout, le chef de l'État a tenu à rassurer les entrepreneurs : "Les honnêtes patrons n'ont pas à craindre la loi. Mais nous ne nous laisserons pas intimider par quelques caïds de la finance internationale. Les comportements mafieux sont terminés. On va vous nettoyer tout ça au Kärcher".

Les centres de rétention pourraient sous peu devenir des centres de rééducation idéologique

La nomination de Jean-Marc Rouillan marque un tournant dans sa carrière. A ceux qui l'accusent de renier ses idéaux, il rétorque qu'il vient appliquer ses idées et qu'il ne fera aucune concession. "Je ne condamne pas toutes les politiques institutionnelles. On peut y participer à un moment donné mais cela ne doit pas être le cœur du projet" déclarait-il encore hier au magazine L'Express. Nicolas Sarkozy a justifié son choix en mettant en avant l'expérience de Jean-Marc Rouillan dans la gestion des abus patronaux. Le détenu en liberté provisoire approuve et admet que ce sera l'occasion pour "notre expérience de tirer son vrai bilan critique". Jean-Marc Rouillan pourrait s'entourer de ses anciens compagnons et notamment de Nathalie Ménigon : "Elle approuve ma décision. Elle rejoindra peut-être, à titre symbolique, la commission répression mais elle n'aura pas la même capacité d'action".

De l'action justement c'est ce qui est demandé à l'ex-terroriste. Il sait qu'il a peu de temps pour agir et pour convaincre. Pour lui le salut passe par une révolution, une lutte armée contre les excès. Et il n'entend pas être brimé dans son mode de fonctionnement. "Ce serait une démission. Le mot "révolution" signifie toujours "affrontement". Avec la bourgeoisie... Si on crée un instrument de lutte en renonçant à ce terme, cela signifie que les choix sont faits(..). Et à plus ou moins longue échéance, je serais naturellement éliminé de ce processus. Pas besoin d'envoyer une lettre de démission".

La police française possède déjà des outils très efficaces en matière de délinquance financière

C'est une sorte de panique qui a saisi les milieux financiers à l'annonce de cette nomination. Axel Miller, le président du directoire de la banque Dexia, a d'ores et déjà renoncé à son parachute doré et reversé l'ensemble de ses émoluments à des œuvres caritatives. Dans la foulée, les dirigeants des principales banques françaises ont avoué avoir misé sur des créances pourries par pur appât du gain et reconnu leur entière responsabilité dans la crise. Natixis a même suspendu son plan social, reconnaissant qu'il était ridicule de faire porter le chapeau aux salariés.
Effet plus inattendu, Carlos Ghosn a convoqué une conférence de presse pour annoncer qu'il renonçait aux suppressions d'emplois chez Renault.
Les spécialistes pensent que le chômage pourrait rapidement repartir à la baisse grâce à cet électrochoc.

Qu'est ce que c'est que ces conneries?

Les réactions politiques n'ont pas manqué. Sitôt la nouvelle connue, François Fillon a abandonné l'idée de pillage du livret A, tandis que Patrick Devedjian s'est dit "surpris mais heureux de voir que l'ouverture porte ses fruits". L'opposition n'a pas manqué de railler les revirements du gouvernement et François Hollande a conseillé à Nicolas Sarkozy "de se débarrasser de ce personnage encombrant".

10 commentaires:

vlg a dit…

Monsieur Bernard m'a tuer

sol a dit…

Voilà une dépêche comme on aimerait en lire plus souvent. ;-)

yelrah a dit…

Le bon moment pour investir dans le plomb.

thib a dit…

"Nicolas Sarkozy a justifié son choix en mettant en avant l'expérience de Jean-Marc Rouillan dans la gestion des abus patronaux"

Putain, j'en pleure... c'est trop bon. Comme d'hab. Merci M. Bernard!

Claudius a dit…

Excellent ... comme d'hab.

On espère la nouvelle diffusée dans les grands médias nationaux.

Anonyme a dit…

Enfin une action directe qui, on l'espère, portera ses fruits...
Mis à part la déconnade, vu les dérives de ce système, on peut se demander si ces actions ne représenteraient pas un réel contre-pouvoir?

Benoît de Saint-André a dit…

Le garde des Sceaux précise : "Afin de mener à bien la réforme des parachutes dorés, Jean-Marc Rouillan sera transféré et la maison d'arrêt de Varces et bénéficiera d'un droit de promenade illimité

Jean-Pierre Martin a dit…

Halleluia, Saint Benoît est ressucité !

seb a dit…

Il paraît même qu'il y aura distribution de couilles en or à Noël, à Pâques, ET à la Trinité.

Christine a dit…

Malheureusement, les adversaires de cette courageuse mesure gouvernementale ont gagné et JM Rouillan est à nouveau enfermé !