lundi 6 octobre 2008

Panique dans la finance

"Il existe aussi une liberté vide, une liberté d'ombres, une liberté qui ne consiste qu'à changer de prison, faite de vains combats entretenus par l'obscurantisme moderne et guidés par le faux jour." (Jean-Edern Hallier)


C’est la stupeur qui gagne les milieux financiers ce matin. La rumeur courait, mais on n’osait y croire. Puis, vers midi, la nouvelle étant confirmée, un véritable mouvement de panique se propage dans tout le quartier de la Bourse à Paris.

Non loin, de là, aux abords de la Tour Eiffel et la Tour Montparnasse, des policiers interdisent l’accès aux individus vêtus de costumes-cravates, après la troisième chute mortelle de banquier ce matin. Le quartier de La Défense a dû être évacué.

« On rase les murs, mais on est bien obligés de sortir pour aller faire les courses », déclare Micheline, une riveraine de 52 ans de la rue Le Peletier, scrutant un ciel menaçant.

Laurence Parisot l’a finalement annoncé, avec cette dignité dans la voix qui caractérise les grands personnages, ceux qui, dans la Marche de l’Histoire, sont en tête de cortège. Suite aux pressions du Président de la République la semaine dernière, c’est maintenant officiel :

Le comité d’éthique du Medef va adopter un « code de gouvernance » des entreprises, selon Laurence Parisot.

Le CAC40 a réagi immédiatement en chutant de près de 10%, pour passer sous la barre des 3800 points.


"On peut même plus utiliser la caisse de l'UIMM, y a plus d'issue"


Rue Montmartre, dans le neuvième arrondissement parisien. Hugues, Chef d’Opérations d’Actifs Risk Management à Natixis erre au milieu de la circulation, la cravate défaite, ne trouve pas les mots pour décrire ce qu’il ressent : « C’est fini, tout est fini. La conjoncture actuelle était déjà difficile mais maintenant, privés de la liberté de rémunérer, ça ne vaut plus le coup. »

Les réactions dans le milieu de la finance ne se sont pas fait attendre. Philippe Brignon, gérant de fonds spéculatifs, se désole : « On savait bien qu’on était dans un pays bolchevique, mais se rendre compte qu’on a été infiltrés jusque dans les plus hautes sphères du MEDEF, là on tombe de haut. »

Olivier Besancenot a immédiatement salué l’initiative : « Même si je n’appelle pas au suicide de patrons, je ne peux que me réjouir de cette nouvelle, ça va dans le sens de la révolution. »


"Je dis rien, mais vous pourrez pas m'empêcher de penser ce que je pense. Je me comprends"


La chasse aux patrons est donc ouverte. Même si Laurence Parisot dénonce l’idée selon laquelle les patrons sont responsables de la crise, elle est désormais résignée à sacrifier quelques têtes pour calmer Nicolas Sarkozy qui menace déjà de faire voter une loi conditionnant les salaires des patrons. « Pour un adepte du capitalisme, c’est une hérésie », confie-t-elle, et constate qu’ « une fois de plus, les patrons sont les boucs émissaires de la propagande antilibérale. »

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Délire...

mais pas trop...


http://www.lesmotsontunsens.com/consequences-krach-boursier-scenario-le-plus-noir-de-la-crise-financiere-cauchemar-20081003

Christine a dit…

Allez un effort, un jean et un tee-shirt et ils peuvent passer les barrages de police pour sauter ;-)

Une citation de Jean-Edern Hallier, ce blog est de plus en plus culturel !

pièce détachée a dit…

Soucieux d'éviter l'amoncellement au pied de la Tour Eiffel de cadavres en complet-cravate, qui serait préjudiciable tant à l'industrie du tourisme qu'à la bonne gestion des risques sanitaires, "le promoteur Nakheel de Dubaï a annoncé, dimanche 5 octobre, un nouveau projet comportant une tour 'pouvant atteindre un kilomètre de haut' " (le monde.fr, 6 octobre).

Cela suffira-t-il ?

esthète a dit…

Je suis désolé, mais dans les années 30, certains banquiers avaient l'élégance élémentaire de se suicider....

Anonyme a dit…

Eh bien, ce billet-ci est vraiment limite... On dirait presque l'édito d'un canard économique banal. la réalité rejoint la parodie ou l'inverse?

Jean-Pierre Martin a dit…

Voilà, c'est ça, vous avez compris.