mardi 15 avril 2008

Les patrons du coeur

C'est un mouvement sans précédent. Une initiative qui peut réconcilier les français avec leurs entrepreneurs. Des patrons souvent mal-aimés dans cette France qui se plaît à détester ceux qui réussissent, ceux qui osent.


C'est Le Monde qui le révèle dans son édition de mardi. Alors que chaque jour la traque aux sans papiers et au travail clandestin s'amplifie, des patrons se dressent sur la route de cette administration inhumaine et se battent dans l'ombre pour la régularisation de leurs employés. On les imagine lassés, dégoûtés par le sort réservé à ces hommes et femmes dans leur lutte pour l'intégration. Des pièges tendus dans les préfectures (où on convoque les clandestins sous des prétextes fallacieux afin qu'ils se fassent cueillir par la police) jusqu'au rafle à la sortie des écoles, ce ne sont pas les motifs d'indignation qui manquent.



Mais c'est une contrainte administrative de plus (de trop) dans un pays déjà sclérosé qui a mis le feu aux poudres. En effet, comme l'explique l'article du Monde, "depuis le 1er juillet 2007, les chefs d'entreprise ont l'obligation de demander aux préfectures, quand ils recrutent un étranger, de vérifier l'authenticité de son titre de séjour. Certains en ont profité pour revérifier la situation administrative de leur main-d'œuvre étrangère. Parfois, des salariés en situation irrégulière ont déserté la société de peur de se faire arrêter ". On imagine la colère de ces chefs d'entreprise humanistes, (re)vérifiant, sûrement pour le bien du salarié, si celui-ci avait des papiers (il faut tout faire soi-même, mais que fait la police?) et voyant ces gueux déserter, de peur d'être dénoncés. Bref, ces patrons "se sentent abusés. [Ils]viennent d'apprendre que certains de leurs "meilleurs" éléments n'ont pas de titre de séjour : ils ont été embauchés avec de faux papiers". Il offrent du travail à des étrangers sans savoir qu'ils n'ont pas de papiers (quelle touchante naïveté), et leur générosité est punie par cette administration ubuesque.



Voilà pourquoi, ils ont décidé d'agir, de se battre pour la régularisation de leurs salariés. Un élan de solidarité qui puise sa source à l'idéal d'un monde sans frontière. Car comme l'explique le gérant de la société de nettoyage OUI : "Je suis dégoûté, je suis obligé de refuser des chantiers.Je les ai tous perdus. Je ne trouve personne d'aussi compétent pour les remplacer. Les vrais Français ne veulent pas de ce travail. C'est trop dur."



C'est un véritable don de soi qui anime la gérante de Net Express : "Si dans six mois je ne les régularise pas, je mets la clé sous la porte."


Les patrons français s'honorent dans ce combat pour une mondialisation de la solidarité.

5 commentaires:

jardin a dit…

Merci de ces informations qui nous remettent du baume au coeur. D'habitude tu nous fais "seulement" rire, c'est déjà une oeuvre de salubrité publique, mais là, tu nous émeus.

Meuh!

Anonyme a dit…

Ah, bah... c'est comme les marins-pêcheurs. Il y a pénurie de main-d'œuvre de marins-pêcheurs, personne ne veux plus être marin-pêcheur. Bah, pourquoi ? Pour les candidats éventuels, euh... vous n'êtes pas sûr d'être payé pour votre travail... avec le prix du pétrole qui explose...

Jean-Pierre Martin a dit…

merci jardin, meuh aussi.

turandot a dit…

Mon pseudo_blog est destiné à faire lire à mes amis (et d'autres s'ils ou elles veulent) des articles que je trouve interessants .Avant ,j 'envoyais les liens à chacun(e).Je n'ai aucun talent pour l'écriture et croyez moi ,je le regrette Je me permets de faire un lien de votre article chez moi.Je découvre votre blog depuis quelques jours et j'aime bien.

Jean-Pierre Martin a dit…

Tout le plaisir est pour nous.