lundi 3 novembre 2008

Le gouvernement avance l'âge de la mort à 70 ans

"Il fallait bien trouver une solution. Laisser se creuser les déficits, hypothéquer l'avenir de nos enfants, ça n'était plus acceptable. Il fallait sauver les retraites. Et tant pis si cela bouscule quelques petits corporatismes". Ainsi réagissait Xavier Bertand devant le tollé provoqué par l'amendement avançant l'âge de la mort à 70 ans. Le président de la République lui-même est monté au créneau pour défendre la réforme de son ministre : "Il s'agissait de faire preuve d'audace et d'imagination. Autant de valeurs que la gauche a perdu depuis longtemps.(...)C'est quand même formidable. Il va bien falloir réformer ce pays. Que la gauche me dise comment faire pour sauver les retraites et la sécurité sociale auxquelles les français sont très attachés. Augmenter les cotisations? Pour plomber encore plus la compétitivité de nos entreprises? Restons sérieux, la solution proposée par le gouvernement est la plus raisonnable."


Surtout Continuez ! Ensemble on va morfler

Depuis vendredi soir, et l'amendement voté nuitamment par l'assemblée, l'âge légal de la mort est donc avancé à 70 ans. Cependant, comme le précisait le ministre du Travail Xavier Bertrand, chacun sera libre de mourir avant. Il s'agit simplement d'imposer des limites drastiques afin de juguler les déficits des caisses de retraite. Cette réforme s'inscrit dans tout un train de mesures prises depuis 2 ans pour lutter contre l'endettement. Ainsi, la généralisation du travail le dimanche, les heures supplémentaires, la suppression des 35h et des vacances, sont autant de dispositions visant à diminuer progressivement l'espérance de vie, en tuant à la tâche les salariés. Par ailleurs, les réformes successives de la sécurité sociale, avec notamment le déremboursement des médicaments et les franchises médicales, accompagnent ce mouvement de fond de la société française. "Vivre mal pour vivre moins", tel semble être devenu le nouveau leitmotiv du gouvernement. "A ce rythme, on espère que les comptes sociaux reviendront à l'équilibre en 2012" affirme le ministre.

L'application de la loi devrait être confiée à Brice Hortefeux

Par ailleurs, le gouvernement compte rapidement mener à terme les discussions sur le stress au travail avec les partenaires sociaux. "Il faut avancer vite sur ce dossier. Le nombre de suicides au bureau est encore trop faible par rapport à un pays comme le Japon. Nous devons amplifier le processus et nous inspirer pour cela du travail remarquable mené par Rachida Dati dans les prisons" exhorte François Fillon. Par contre, le premier ministre s'est montré satisfait des chiffres des accidents du travail, et a adressé un satisfecit aux entrepreneurs en général, et à ceux du bâtiment en particulier.

Le MEDEF, par la voix de sa présidente Laurence Parisot, a exprimé une satisfaction mâtinée d'inquiétudes : "Tout cela va dans le bon sens. Mais je me demande s'il ne faudrait pas exonérer de mort certaines catégories socio-professionelles. J'ai peur que les chefs d'entreprises soient tentés de s'exiler pour fuir cette réforme contraignante. Il faudrait peut-être créer des niches, ou alors retirer du champ de la loi les entrepreneurs." Le premier ministre a tenu à rassurer les forces vives de la nation, en expliquant que les décrets d'application n'étaient pas encore publiés, mais qu'en l'état actuel, la loi ne concernait que les salariés (chômeurs inclus) : "Il est hors de question que la loi pénalise les investissements".

Même si la droite française dans son ensemble salue cette mesure "courageuse", certaines voix dissidentes se font entendre au sein de l'UMP. Un cadre du parti confiait ce matin : "On est en train de scier la branche sur laquelle on est assis. C'est nos électeurs qu'on élimine. Si la population rajeunit excessivement, l'UMP peut dire adieu au pouvoir."

A l'UMP on cherche déjà des solutions de substitution

14 commentaires:

yelrah a dit…

Maison Borniol, maison Borniol, maison Borniol....

yelrah a dit…

Le moment d'investir chez Soylent...

Jean-Pierre Martin a dit…

Tout-à-fait ! Il y a un marché à conquérir...

Anonyme a dit…

Un revenant

Bonsoir j'ai cassé ma pipe juste avant mes 60 ans.

Si c'est pour remettre ça, je préfère retourner d'où je viens.

Et puis pour sauver les retraites il suffit de ramener le chômage à zéro, en faisant un effort vers les jeunes qui ne demandent qu'à pousser pépé du côté de la sortie. Hein Sarko ?

Anonyme a dit…

Alors ça reclame à corps et à cris le droit à l'euthanasie et quand on leur propose une solution efficace y a plus personne...
jamais content!

"hypothéquer l'avenir de nos enfant?"
à non mais pour eux ce sera encore pire : un droit opposable à l'euthanasie.

jardin a dit…

A Vivement Dimanche, Bernard Kouchner a coquettement avoué 69 ans, un brin déconcerté par les très vifs applaudissements qui l'ont alors salué.

Et qui prennent désormais tout leur sens.

Ludo a dit…

Mais ils ont pas le droit ils peuvent pas faire ça, c'est horrible!

Fajua a dit…

@ Jardin : ça fait long pour une vie de chien… ;-)

ti_cyrano a dit…

Encore une demi mesure ! Nos entreprises ne peuvent pas se battre à armes égales avec leurs concurrentes socialement plus avancées d'Orient et leur compétitivité et nos dividendes en souffrent.

Les cotisations patronales doivent bénéficier d'une forte décote en fonction du nombre de décès avant un départ au coût socialement abusif (retraite, chômage) et d'une surcote par année de retraite effectivement perçue par ses ex salariés.

Ce n'est qu'au prix de mesures socialement responsables de ce type que la crise dûe au manque de civisme de débiteurs salariés face à leurs échéances pourra être jugulée et notre compétitivité restaurée. Les sensibleries déplacées doivent s'effacer devant le bien commun et la préservation de notre société.

manu(Constantin) a dit…

Superbe article !
(La chute est remarquable, notamment.)
Jamais autant ri depuis l'annonce de la crise-que-personne-n'avait-vue.

Le Monolecte a dit…

Que tout cela est timide et sans ambition : grapiller quelques morts, de ci, de là, comme de petits boutiquiers en pompes funèbres.

Il faut voir plus grand, plus vite, plus fort : une bonne grosse guerre générale, voilà ce qu'il nous faut pour le redressement national.
On casse les bubons immondes des cités putrides à coup de missiles© dont les achats à nos amis Lagardère et Dassault devraient refaire bander le CAC comme en 40 et ensuite, on construit de nouvelles cages à poules avec l'ami Francis.
Et entre temps, les cafards, les pauvres, les vieux, les femelles gravides ont été enterrés sous des tonnes de gravas et cessent de plomber les comptes de la Nation glorieuse qui aura su éradiquer le chômage et l'oisiveté de la jeunesse à la racine!

Crénom!

Anonyme a dit…

"Vivre mal pour vivre moins"
J'adhére. Enfin un projet d'avenir !

ti_cyrano a dit…

@ Monolecte :

Ouuuiiiii !!!!! Encore une preuve de la supériorité du vieux continent : il ont Sarah Palin mais nous, nous avons la Dame du Monolecte.

Présente-toi aux prochaines échéances, c'est dans la poche. Nous allons te bricoler une machine à voter aux petits oignons.

vieil anar a dit…

"Vivre moins, c'est bien, vivre vieux, c'est mieux!" Attend, passe moi le mode d'emploi, ma pôv Lucette, je crois que c'est le contraire, en fait...!

Attendez on revient...!