lundi 7 janvier 2008

L'insomnie au travail


D'après les derniers sondages publiés par tous les meilleurs journaux d'Etat (Nouvel Obs, Le Point, l'Express, Paris Match...) la tendance n'est toujours pas à la baisse. C'est le mal du siècle, dit-on. Aux Etats-Unis, le problème progresse de 8% par an, selon les experts, soit deux fois plus vite que la croissance annuelle.

Charles (1), 38 ans, jeune cadre dynamique jusqu'alors, touché de plein fouet par la maladie, témoigne.

"Jusqu'ici, je n'avais pas à me plaindre. En général, après le repas de midi, arrosé ou non (disons que c'était plus souvent oui), je n'avais aucun problème. Je branchais mon poste téléphonique sur le répondeur, mon agenda en ligne signalait que j'étais en réunion de Comité X ou Y, je fermais la porte de mon bureau et j'étais tranquille jusqu'à la pause de 15h30 / 16H. Mais depuis un an, ou deux, ça a commencé à se détériorer. Le coeur n'y était plus. Je me surprenais en plein rêve à voir des scènes de travail, avec des clients, ou des supérieurs hiérarchiques. Je me réveillais d'un seul coup, en sueur. Il me fallait au moins un quart d'heure pour me calmer. Au début, je me disais que c'était passager. Puis, ça a commencé à se produire plus souvent. Jusqu'au jour où ils ont mis des open spaces pour tout le monde. Et là ça a basculé. Les toilettes handicapés étant le seul refuge possible, je m'aménageais un petit coin peinard, la tête près de la porte, les pieds vers la cuvette, et puis je m'endormais, comme avant. Mais j'étais réveillé très vite, à cause du manque de confort, d'un bruit de chasse d'eau, de minuterie qui se mettait en marche, et impossible de fermer l'oeil à nouveau. Alors je revenais, penaud, vers mon open space. Ca n'a plus jamais été comme avant."

Mais le cas de Charles n'est pas un cas isolé. Une cellule a été ouverte, et un numéro vert, le 0800666666, a été mis en service dès la rentrée du mois de septembre 2007, pour les cas les plus graves. On recense ainsi plus de 20000 nouveaux cas en France, soit une progression de plus de 12% sur l'année scolaire 2006-2007.

Alors, problème conjecturel, ou structurel ? Effectivement, le contexte politique, avec la recrudescence de gauchistes entrés au gouvernement, ou financier avec la crise des subprimes, social avec notamment le diktat anti-tabac, les indicateurs ne sont pas au mieux. La hausse du pétrole, le CAC 40 assez bas, tout concorde à ce que l'insomnie gagne du terrain au bureau. L'insouciance des années 90, les "années-fric", c'est révolu.

Mais c'est aussi un problème vieux de trente ans, latent, qui, selon les experts, se révèle au grand jour aujourd'hui.
"Ca fait trente ans qu'on ne peut plus faire de réformes", fait remarquer Antoine de la Cordaucou, conseiller financier dans une grosse boiboite. "Alors forcément, un jour ou l'autre, on paye les pots cassés".

Alors, problème franco-français ? Pas pour tout le monde. Lorsqu'on regarde à l'étranger, tiens par exemple chez nos amis américains, on se rend compte que le problème existe bel et bien.
Steven Mac Arteblou, du cabinet Mac Arteblou & Mac Arteblou's, a lui aussi remarqué que le phénomène se répandait chez nos amis cadres américains :
« Avant, on savait bien qu'entre midi et quinze heures, on n'était jamais dérangés. Alors, on donnait quelques ordres à un ou deux subalternes, histoire de faire semblant d’être déjà actif, et puis, les deux pieds sur le bureau, les mains sur la poitrine, on pouvait récupérer un peu avant de remettre un bon coup de collier pour un bon quart d’heure. Mais tout ça, c’est fini. »

Le docteur Roberetford, diplômé du Michigan Institute, spécialiste et auteur de « La sexualité au bureau », « La génétique de la médiocrité dans le business », « L’insomnie au travail », et de nombreux articles dans la revue Health & Business, préconise de morceler les siestes. Cela peut être réglé en changeant tout simplement l’horaire et la fréquence des siestes car dit-il, l’Homme doit s’adapter aux nouveaux rythmes du monde, un monde sans cesse en mouvement.

Pour les cas les plus graves, il conseille fortement de réduire la quantité de travail effectif journalier (TEJ) : " Pour des durées de TEJ de 25 à 32 minutes dans les années 80, on est passés à des durées de l’ordre de 15 à 20 minutes dans les années 90, mais on peut encore réduire.", affirme-t-il.

Trouvera-t-on un jour le remède miracle ? Tous les regards sont tournés outre-atlantique.

(1) Le nom a été changé. En réalité, il s'appelle Jean-Jean. Mais ça faisait moins classe, surtout pour une grosse boiboite.

1 commentaire:

Jean-Pierre Martin a dit…

J'espère que la recherche privée va faire des progrès dans ce domaine. Je propose de créer un glandothon.