vendredi 16 janvier 2009

La chasse au mufle est ouverte

Monsieur Bernard est coutumier des dérapages contrôlés dans ses articles, chroniques ou éditoriaux, provocateur souvent à la limite de la bienséance il est cette fois, semble t-il allé trop loin.

Monsieur Bernard ne souhaitant pas être reconnu n'a accepté que d'être photographié en cadrage serré

Même si Jean-Pierre Martin a tenu à apporter son soutien à son adjoint, on sent poindre un certain malaise : « c’est un article qu’il a écrit rapidement sur un coin de table avant une réunion reporting, j’ai pas eu le temps de le relire avant qu’il soit mis en ligne, c’est pas sa meilleure production et je ne me suis pas privé de lui dire mais, entre l’épidémie de grippe et les problèmes que traverse la banque en ce moment c’est pas facile, croyez-moi, mais je tiens à préciser que je lui conserve toute ma confiance ». On imagine que tout cela a donné lieu à une explication pour le moins virile.
Et c’est bien de virilité dont il s’agit. En effet c’est par un article du mardi 6 janvier 2009 intitulé «Des femmes d'honneur» que le scandale est arrivé. Dans ce papier qui revient sur le refus de la légion d’honneur par deux journalistes femmes, on peut lire dès les premières lignes «certaines putes travaillent dorénavant pour rien. C'est le cas de Marie-Eve Malouines et Françoise Fressoz». Une photo non moins explicite illustre le propos (et égratigne au passage France Info fleuron de notre service public radiophonique). Chacun se fera son idée sur la teneur du propos et ses illustrations. Mais le mal est fait. Si les réactions tardent à venir, les premiers commentaires émanant probablement d’individus partageant le corpus idéologique sexiste de M.Bernard, dans l’entourage même du chroniqueur (ou plutôt «grosniqueur» comme il aime à se faire appeler) c'est l'effervescence. Certains de ses proches lui font part de leurs réserves et notamment sa femme qui a trouvé que les termes employés étaient un peu crus et a fait ses valises sur le champ. Math B. un de ses amis qui a depuis pris ses distances confie « je le savais raciste, donneur de leçon et voir même un peu pédophile mais misogyne ou machiste j’aurais jamais imaginé».

Dès le 10 janvier une certaine Olympe tombe sur le billet qu’elle trouve « insultant pour les femmes citées et pour les femmes en général». Elle réagit par un billet incisif : «personne n’est choqué ?» rédigé sur son blog féministe. Et là c’est le rouleau compresseur de l’emballement médiatique qui se met en marche. Les réactions indignées pleuvent, les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier les propos de cet «imbécile» de M.Bernard : c’est «odieux», «dégueulasse», «Lamentable», «pitoyable», «nauséeux», «machiste»... Certains sont «écoeurés». Le constat est sans appel «nous avons affaire, non à un esprit qui se voudrait libre et provocateur, mais à un beauf intégral». L’indignation est telle que c’est le blog de JPM dans son intégralité qui fait l’objet de la bienveillance des lecteurs vigilants, il est qualifié de «parangon de la "beaufitude"». Jean-Pierre Martin ou d’autres ont beau monter au créneau pour tenter d’excuser l’inexcusable, il est trop tard pour allumer des contre feux. La toute nouvelle secrétaire d’État chargé de la Prospective et du développement de l’Économie numérique étudierait la possibilité de lui interdire de publier.

Si ce M.Bernard a voulu faire un coup pour faire parler de lui et de son blog c’est réussi, mais il s’est bel et bien coupé d’une partie de son lectorat, ne restent à ses cotés que les goujats et les franges les plus extrémistes du douzième degrés.

Perdre mon public? s'interroge M.Bernard, une partie peut-être mais Je partage le même terrain que Jean-Marie Bigard et il a rempli le Stade de France alors...


C'est un homme abattu et meurtri par les attaques mais combatif qu'il m' a été donné de rencontrer. Il s’explique : «je ne retire rien mais si j’ai blessé des gens je tiens à préciser que ce n’était pas mon intention» et d’ajouter «je n’ai pas à me justifier sur ma supposée misogynie, mais je tiens à préciser qu’il a pu m’arriver de faire la vaisselle et que j’ai déjà repassé une chemise.» Ne souhaitant pas évoquer sa vie privée il lâchera tout de même au détour d’une phrase « ma femme je m’en balance qu’elle soit barrée j’ai une femme de ménage». Qui peut dire s’il s’agit là encore d'un prétendu second degré, d'une ultime provocation ou de la dérive d’un homme qui s’est senti injustement persécuté? L'avenir nous le dira sans doute.

22 commentaires:

Teddy a dit…

De la misogynie à la zoophilie il n'y a qu'un pas, vous l'avez cherché, vous l'avez trouvé, et ça c'est bien fait Mr Bernard!

PS: Félicitation pour votre femme, même si le fait d'avoir par ailleurs une femme de ménage enlève un peu d'héroïsme à votre acte, vous restez plus que jamais un exemple pour la jeunesse péruvienne. Bravo!

Jean-Pierre Martin a dit…

Peut-on sérieusement envisager de laisser des individus comme Mr Bernard en liberté ?
Pas si l'on est du côté des victimes.

Anonyme a dit…

Propos misogynes sur Internet : Isabelle Alonso est sur les dents.

vieil anar a dit…

Mon cher Jean-Pierre, je ne peux que compatir à la situation extrêmement désagréable, dans laquelle se trouve votre blog suite à l'inadmissible billet commis par un certain Bernard, dont on se demande sérieusement si on doit continuer à l'appeler Mr...!

Son mépris affiché, pour la gent féminine, est par trop flagrant et on ne saurait traiter de cette manière des femmes d'honneur qui ne sont pas légion..!

Franchement, la tournure que prend cette société, n'a de cesse que de m'inquiéter...!

Jean-Pierre Martin a dit…

Et encore, je te parle pas des tournantes dans sa cave le samedi soir. Sans la découverte des sulfamides, il vérolait toute l'Ile de France.

vieil anar a dit…

@ JPM, alors...les catacombes, c'est lui...!?

Jean-Pierre Martin a dit…

Il n'y a aucune preuve de ce que tu avances.

Gaëlle a dit…

Que m'importe qu'on parle de moi dans les journaux, tant qu'on n'y dit pas la vérité, aurait dit Audrey Hepburne.
Gardez-le, un tel personnage vous fait tant de publicité ! :o)

Ou alors vous visez plus haut ? Pourquoi pas Philippe V.. pour le remplacer ?

Monsieur Bernard a dit…

Gontrand, fumier, je te ferai ravaler ta bile, c'est moi qui te le dis!

cyclomal a dit…

Shocking! En effet, j'ai hésité moi-même à retirer ma confiance à ce "Monsieur Bernard" après cet article où des journalistes méritantes se faisaient passer la main aux fesses.Pensez, refuser la légion d'honneur, proposé par un Karoutchi, ça méritait un éloge appuyé avant toute réflexion.Seul des cuistres auront imaginé un:"T'es con, la légion-donneur, c'est pas discret, j'ai encore des parents en vie qui croient à la déontologie! Attendons qu'ils trépassent avant d'arrêter le préservatif..."

Alors, répondre par la zoophilie, même en oubliant qu'un âne pour Martin aurait été plus approprié et discrètement comminatoire pour ses sphincters, pourquoi pas! c'est de bonne guerre en attendant l'autodafé...

Mamane a dit…

Je tiens a exprimer mon soutient totale à Mr Bernard !

Et trouve particulièrement odieuses et stupéfantes les insinuations de "Gontrand", si c'est pas un nom à coucher à Neuilly ça !

Pour élever le débat, je tiens à préciser que j'ai connu un Gontrand. Eh ben croyez moi ou pas, il levait son petit doigt en buvant son gobelet de chocolat chaud en CE1 ! Alors la question se pose. Peut-on laisser les Gontrand courir les rues ?

Au nom du principe de précaution, en vertu du quel les musulmans sont des terroristes potentiels et donc coupables, je pense qu'il faut que les Gontrand soient dument châtiés.

cyclomal a dit…

@Mamane

Ton Gontrand était un extra-terrestre, because le petit doigt tout raide. Si tu le châties trop fort, il s'autodétruit, j'en ai vu à la télé alors c'est du sérieux!

Les Charles-Emmanuel ou les Marie-Olympe de Gauge sont du même métal: ils ne se reproduisent pas entre eux, comme font les sales humains en s'interpénétrant, beurk, mais ils adoptent des cambodgiens pour être à la mode et se mieux camoufler la sidérale supériorité.

Il n'en reste pas moins que Monsieur Bernard devrait s'excuser platement, je ne sais pas, en faisant écrire par son complice Martin un article d'auto-dénonciation flagellante par exemple...

Claudius a dit…

Aujourd'hui, sainte Roseline.
N'est-ce pas un beau jour pour se repentir d'un sexisme, même justifié par un physique éventuellement ingrat ?
Sortez les bâches l'eau monte.

rachi a dit…

Non s'il vous plait il faut le garder Mr Bertrand car lui aussi il a son fan club.Et nous, vous avez pensé à nous les bertrankosettes qu'allons nous devenir ???

Gabuzomeu a dit…

raciste, donneur de leçon, voire même un peu pédophile, misogyne, machiste... oh la la, graaave, enfin bon, du moment qu'il n'émet pas de doutes sur la version officielle du 9/11, c'est encore pardonnable...

Gontrand de Trélas a dit…

@Monsieur Bernard
Reprenez vous enfin, ce langage ordurier ne vous honore pas.

@Mamane
Sachez que je ne bois jamais dans un goblet, ça fait trop peuple.

pièce détachée a dit…

Les Femmes, voyez-vous, c'est comme Les Arabes, Les Noirs, Les Juifs, Les Blondes, etc. : elles ne sont pas critiquables.

Quand on est Une Femme, il est inconcevable qu'on se vende, qu'on vole, qu'on tue, qu'on insulte, qu'on se mange les crottes de nez, etc. — bref, qu'on fasse partie de l'engeance humaine.

On a ses raisons. C'est que, voyez-vous, on a tant souffert.

J'en ai parlé à mes consœurs intouchables Margaret Thatcher, Rachida Dati, Tzipi Livni, Eva Braun, Golda Meir, Indira Gandhi, Sarah Palin, Imelda Marcos, et aux deux soldates américaines d'Abou Ghraïb (vous savez bien, celles qui épanouissent leur sexualité libérée en titillant des Irakiens tout nus amateurs de bondage).

Elles sont bien d'accord, malgré Anna Novak (une experte en ces choses), qui écrivait qu'«être une victime n'empêche pas d'être un salaud».

Non non. «Pute» est un mot qu'une femme qui se respecte ne prononce jamais, a fortiori un homme qui gruge ses lecteurs à grand coups de fumigènes ironiques.

Un seul détail m'ennuie :
On peut censurer le mot. Ça ne supprime pas la chose.

jardin a dit…

Tout à fait, pièce détachée. On n'a même pas le droit de détester une femme:

http://blog.plafonddeverre.fr/post/2009/01/18/je-ne-deteste-pas-Rachida-Dati

Pour ma part, je ne la déteste pas, je la méprise (ah, pas le droit non plus? Merde!)

Hibou a dit…

Je propose une loi qui interdit de déconner. C'est vrai quoi!
Ah, je déconne? Oups...
J'adore votre blog, je me marre à chaque fois, et sur les blogs, c'est pas souvent qu'on se marre!
Bravo.

vanch' a dit…

Et si on dit que Tzipi Livni est une pute ? car ayant couché avec des tas de gens (même arabes parait-il !) pendant son service au Mossad, est-ce que Olympe serait tj choquée ?

Christine a dit…

@vanch' : C'est très con comme commentaire. Bassement sexiste et coincé du cul. Et tradi dans le genre double standard pute / don juan.

Alfred-Georges a dit…

Argh.

Je me mange les ongles de jalousie. Que n'ai-je pas eu l'idée de m'en prendre aux femmes: les arabes et les noirs ils n'ont pas de blogs, eux.