mardi 13 janvier 2009

"Je ne sers à rien"

Le laisser-faire, ça ne fait que commencer !


On ne pourra pas reprocher au nouveau Président du Sénat son manque de franchise. Gérard Larcher présente ainsi sa conception de son rôle au sein du Parlement :

Le Sénat ne bloquera pas les réformes


Il faut bien reconnaître qu'il ne serait pas cohérent de s'opposer à des réformes qu'il aurait lui-même proposées, comme celle de l'hôpital. Selon le rapport Larcher, l'hôpital coûte trop cher donc doit devenir rentable. D'ailleurs, les grands esprits semblent devoir se rencontrer puisque c'est exactement ce qu'avait suggéré Nicolas Sarkozy à propos des services publics en général.

Et comme par hasard, ce sont encore les pauvres qui coûtent le plus cher, puisqu'ils sont plus souvent malades. Toutes les études le montrent : les riches, mieux éduqués, refusent cette propension à l'assistanat. En citoyens responsables, ils préfèrent traditionnellement des soins plus rentables pour l'Etat, comme la chirurgie esthétique qui n'est pas remboursée par la sécurité sociale. Il apparaît donc plus juste que la santé s'occupe d'abord de ses principaux contributeurs, et à terme la privatisation des services juteux à destination des cliniques permettrait d'atteindre ce double objectif.

Les Français, tu peux leur faire passer ça, ils sentent rien je te dis !


Les hôpitaux publics français, contrairement aux idées reçues, ont trop de moyens. Il faut donc supprimer des hôpitaux, ce qu'on appelle en langage politique « mutualiser ». Ceci contrairement aux entreprises qui, elles, doivent être en permanence compétitives, et c'est pourquoi il faut donc réorienter les financements de manière plus moderne.

Par ailleurs, on ne peut contester que le cancer et le sida représentent des mannes financières considérables pour les industries pharmaceutiques, et il ne serait pas très bon pour la croissance et l'économie que l'on découvre soudain un traitement curatif et définitif, car grâce à ces sommes on peut financer des grands plans marketing pour des vaccins contre la grippe qui à terme serviront à équilibrer les comptes publics. On ne voit pas pourquoi un système qui fonctionne très bien par ailleurs ne pourrait pas s'appliquer à la santé.

Il n'y aura pas de privatisation de la santé, c'est clair, c'est net, et c'est précis.


Dans cet ordre d'idées, la France ne peut que se réjouir de la mort accidentelle de patients qui de toute façon, étaient condamnés à mourir. Techniquement , d'un point de vue strictement budgétaire, cela s'appelle une recette, que Roselyne Bachelot chiffre à environ 10000 par an. Un bon résultat, mais qui reste encore à améliorer si la France veut devenir un leader européen.

L'autre chantier très important qui va être confié au Sénat concerne le financement de l'audiovisuel. Gérard va donc devoir là encore regarder beaucoup la télé s'il veut maîtriser le dossier en profondeur, car on ne s'improvise pas comme ça Président du Sénat.

Les mecs, on a trois ans pour se gaver !


Mais avant même de connaître les projets de l'assemblée, il sait déjà que sa mission de contre-pouvoir législatif en terre sarkozyste consiste précisément à ne rien faire, quels que soient les projets de loi. Bloquer les réformes, c'est un truc de syndicalistes de la mouvance anarcho-autonome, pas de Président du Sénat. Le Sénat doit être une force d'accompagnement sans interférence, sans douleur.

Il faudra tout de même se méfier un petit peu des socialistes qui conservent encore dans leurs gènes un fond de communisme syndicaliste, mais force est de constater qu'il ont fait récemment beaucoup de progrès. D'ailleurs, lors de la dernière modification de la constitution, ils ont su prendre leur responsabilité en ne votant pas.

Ce sont donc trois années bien remplies qui s'annoncent pour les sénateurs, remplies certes de vide, mais le rôle du sénat est avant tout symbolique, contrairement à leurs indemnités mensuelles de 5443,61 euros, qui restent - il faut bien le dire - bien en-deçà des salaires de patrons par exemple. Encore un tabou à briser.


Les débats au sénat s'annoncent encore mouvementés.


EDIT 14/01 : Sarkozy trahi par le Sénat ? Mais que fait Gérard ?

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Larcher c'est un clone de tous ces commentateurs de la Pansée du Grand Rien.

L'important, in fine, c'est d'être en pleine santé jusqu'au moment où on doit être malade.

cyclomal a dit…

J'ai bien aimé la dernière photo qui nous rappelle que Raymond Barre est toujours sénateur, d'outre-tombe, dans la lignée larcher quoi...

yelrah a dit…

Il faut passer les racailles de l'hopital au larcher !

vieil anar a dit…

"Sénat qu'un au revoir, mes frères, sénat qu'un au revoir...", sur un air connu..!

Gaëlle a dit…

Ahlala, dire qu'on aurait pu avoir Raffarin... Les discours auraient autrement plus de classe !

SuperNo a dit…

Les nantis préfèrent traditionnellement des soins plus rentables pour l'Etat, comme la chirurgie esthétique

En même temps il faudrait prévenir Monsieur Larcher que son chirurgien esthétique est un escroc !

Christine a dit…

Même pas vrai qu'il sert à rien
http://www.facteurh.com/2009/01/15/le-senat-francais-impose-une-taxe-de-120-euros-par-ordinateur/