lundi 2 février 2009

Abus de Droite

La suppression annoncée du juge d'instruction cumulée à la dépénalisation du droit des affaires sonnent la fin de l'abus de bien social. Une excellente nouvelle à l'heure où il est urgent d'engager notre pays sur la voie de la modernité. Ainsi, Alain Juppé, qui fut en son temps victime d'un Outreau politique, ne boude pas son plaisir : "C'est une aubaine pour la France et pour l'UMP. Le président et le gouvernement vont enfin pouvoir travailler en toute sérénité. Même au niveau local, l'horizon se dégage. Cela m'ouvre de grandes perspectives dans la gestion de ma belle ville de Bordeaux". Pour l'ancien premier ministre, c'est aussi "la marque d'une réconciliation à droite, entre chiraquiens et sarkozystes, sur le terrain des idées. Les mandats de Jacques Chirac à la ville de Paris avaient déjà intégré cette nécessaire évolution. Nous avions 30 ans d'avance".

Mais la nature a horreur du vide. Et les députés UMP aussi. "Il serait dommage de faire disparaître de notre code pénal le mot abus" plaide un député UMP. Ils ont ainsi décidé de réhabiliter la notion même d'abus, "trop longtemps salie par de petits juges mesquins". Pour remplir cette mission, ils ont mandaté le plus brillant d'entre eux, l'inénarrable Frédéric Lefebvre, dont la réflexion a accouché d'une idée de génie.

Le service minimum du shampooing tarde à se mettre en place

En inventant l'abus de droit de grève, le parlementaire UMP a trouvé le moyen de remplacer avantageusement l'abus de bien social. Et d'assimiler en une simple expression l'exercice d'un droit à un abus : "On peut parfaitement imaginer des sanctions financières contre des syndicalistes qui généreraient des dégâts pour la sécurité, ou ayant un coût économique pour la collectivité. Et on peut imaginer que soit engagée leur responsabilité personnelle(...) La meilleure protection du droit de grève, c'est la lutte contre les abus de ce droit sinon, c'est la population qui se révolte contre les abus".

"Ce n'est bien sûr qu'une première étape dans la rénovation de notre code de procédure pénale" s'est empressé d'indiquer le député Lefebvre. C'est en effet un vaste chantier que vient d'ouvrir la majorité. Dans les travées de l'assemblée on évoque déjà la future loi sur l'abus de droit de vote. Il s'agirait de punir (amendes, prisons avec sursis) les électeurs qui tenteraient de renverser la majorité et de faire ainsi obstruction aux réformes nécessaires. "Voter, ça doit permettre de porter un message politique, mais on ne doit pas le subir, (...) on ne doit pas être pris en otage, on ne doit pas être empêché de travailler par des électeurs inconséquents qui voudraient briser la logique libérale et clientéliste". La majorité pourrait mettre en place un "service minimum" du vote, avec réquisition d'électeurs contraints de voter UMP.

Ce n'est pas de l'abus de pouvoir, c'est du zèle

D'autres dossiers sont à l'étude, notamment le projet d'abus de droits de l'homme, visant à répondre notamment aux dérives qui émaillent la défense des sans-papiers et à protéger la surveillance généralisée de la population . "Si l'on veut protéger les droits de l'homme, il faut mettre en place un arsenal juridique qui lutte contre les abus" assène Frédéric Lefebvre. "Les droits de l'homme ont des limites. Et ces limites commencent là où débutent les intérêts vitaux de l'Etat et la sécurité de tous nos concitoyens". Une fois de plus, on pourrait voir émerger un "service minimum" des droits de l'homme, qui consisterait en un prélèvement ADN obligatoire pour tous les citoyens.

Le service minimum s'applique même au président

L'ensemble de ces mesures viennent compléter le dispositif législatif tissé depuis mai 2007, dont on ressent déjà aujourd'hui les effets concrets. Prenons par exemple la lutte sans merci menée contre les abus de droit aux allocations chômage; à l'heure de l'explosion du chômage sous l'effet volontariste de la politique de l'emploi de Nicolas Sarkozy (habilement rebaptisée crise), les économies générées par cette mesure sont gigantesques. Et c'est un peu de cet argent qui est reversé aux banques pour sauver le monde libre. Mais la plus grande réussite de cette législature reste sans conteste la loi contre les abus de droit du travail. Un chantier colossal qui, du temps de travail à la représentation syndicale, a été mené tambour battant.
Et qui permet d'affirmer que notre pays souffre maintenant d'un abus de Droite. Et aucun service minimum de l'intelligence n'est au programme.

8 commentaires:

GwenN a dit…

Oui monsieur, Grâce à Lefebvre, La France pourra sortir la tête haute de cette crise.
Et regardez bien cette coupe de cheveux... Nous le tenons, Notre CHE !
Merci de vos analyse si brillantes !

Winner a dit…

Je pense que d'autres idées innovantes sont à trouver. Par exemple, on pourrait créer un service minimum de l'automobile pour forcer les gens à renouveler leur véhicule régulièrement et soutenir notre industrie.

yelrah a dit…

Il a vraiment une tête de droite le gominé, la droite de Mike Tyson..

Anonyme a dit…

à Winner

ça existe déjà, ça s'appelle le contrôle technique

sKaLpA a dit…

Ah Lefebvre, quel homme!

voir?

Quel dommage qu'on ne l'ait pas détecté à 3 ans!

Chompitiarve a dit…

@sKaLpA
..ou avant,
mais l'IVG était illégale, à l'époque ...

Anonyme a dit…

@ Gwenn
Le Che ?
Moi j'aurais plutôt dit un bon travolta des années 70, avec le costard en acrylique, la chemise de bon goût et la classe en moins...
La France gouvernementale au 21 ème siècle, c'est beaufland, pas de doute, même si Bigard a pris ses distances.

bAz a dit…

Le sévice minimum s'applique même au président!