jeudi 26 mars 2009

Je me masturbe avec Vendredi®

J'en suis tellement content !


Aujourd'hui, nous sommes Vendredi®, Vendredi® Saint. Je vais enfin savoir s'ils ont repris mon billet de la semaine dernière.

Là, je suis en train d'écrire un autre billet. Je sais, vous vous en doutez. Quel débit, hein ? Tout en écrivant ce billet, je prends mon petit déjeuner. C'est ça, la liberté du blogueur, je fais ce que je veux, je suis mon propre patron, et c'est vraiment motivant. Un café sans sucre et un croissant au beurre, mais sans confiture, rapport à mon régime. (Rappelez-vous, j’en ai parlé dans mon billet de mardi dernier)

Je me suis donné une heure pour torcher finir ce billet. Time is money, comme dit Loïc Le Meur®, et si on ne se fixe pas d'objectifs chiffrés, on n'arrive à rien dans la vie. Hop, j’avale en deux bouchées mon croissant au beurre, qui me procure déjà une inspiration grandissante, même si un peu huileuse et légèrement écoeurante. Et je m'y mets.

Laissant libre cours à ma créativité, je griffonne quelques titres accrocheurs. Il faut que je sois original. Voyons, imaginons, que dirait quelqu’un d’original en cette occasion ? (Vous avez vu ? J'ai mis une référence littéraire)

« Vendredi®, c’est aujourd’hui. » Impossible, imaginons un lecteur lambda qui ne lirait mon billet que le dimanche, ça ne collerait plus. C’est que le temps file vite, sur Internet, il faut être proactif.

« Vive Vendredi® ». Dommage, déjà pris. Je l’aimais bien celui-là, assez sobre, plutôt direct, genre petit clin d’œil entre élites du net, ça leur aurait plu c’est sûr.

« Vendredi® 13, ça fait peur » Non là, ça va trop loin. Il faut être irrévérencieux sur le net mais il y a des limites, je ne voudrais pas qu’ils pensent que je leur fais de la contre-publicité, il y a tout de même cinquante euros à la clé…

Tout simplement « Je suis dans Vendredi® » : simple, sobre, efficace. Bon, les mauvaises langues vont dire que je me la raconte un peu, mais enfin, l’opinion des gens, le regard des autres, tous mes lecteurs me qui lisent régulièrement depuis des mois savent bien maintenant que je ne suis pas comme ça. Ah, zut, décidément, quelqu’un d’autre a été original avant moi.

Vendredi ou le mythe de la liberté


Vendredi®, quel journal, tout de même. C’est vraiment le meilleur de l’internet, les articles sont triés sur le volet, parmi des centaines de millions de blogs dans le monde, rendez-vous compte ! La preuve c’est que parmi tous les articles sélectionnés parlant de Vendredi®, vous aurez remarqué qu’il n’y a aucune critique, alors que les blogueurs par définition sont totalement libres de parole.

C'est d'ailleurs cela la force de Vendredi® : alors que les journalistes sont dans leur grande majorité des individus formatés, prêts à tout pour un tant soit peu de notoriété, de reconnaissance et disons-le, de l'argent, usant de la flagornerie au point que le syndrôme de la langue usée sera bientôt reconnue comme maladie professionnelle, tellement incapables de liberté qu'ils en viennent à accrocher leurs laisses eux-mêmes avant de partir en promenade ; par nature, les blogueurs sont portés à bien autre chose.

Sans vouloir insister, quel travail de titan ils font à Vendredi®, et puis ils récrivent tellement bien les articles, à tel point que moi-même je ne ferais pas aussi bien. Ah oui, parce que je ne vous l’avais pas dit, je crois, mais ils me publient régulièrement. Oui bon, écoutez, je ne vais pas donner dans la fausse modestie, c’est vrai que mon blog est pas mal fait, c’est assez bien écrit, avec une certaine liberté de ton et disons-le pas mal d'humour je crois, et puis à force les gens me connaissent et s’intéressent vraiment à ma vie, à ce que je pense, à quelle heure je vais aux toilettes, à ma vie sexuelle (ou non), à ce que je ressens quand je blogue, etc. J'ai démarré de rien, au départ c'était juste pour le plaisir et puis au fil des semaines, j’ai créé une attente, de plus en plus de visiteurs uniques (me demandez pas pourquoi, c'est comme ça qu'on dit). Et puis, on est pris dans la tourmente. Aujourd'hui, je ne peux plus me permettre de laisser trop longtemps des centaines de milliers de gens en déshérence, sans un nouveau billet de moi tous les trois jours. Alors j’assume mes nouvelles responsabilités, tout simplement.

Non et puis c’est vrai, il faut avoir vraiment du talent (et du courage) pour se lancer dans l'aventure Vendredi®, avoir une vraie vision à long terme, un business-model qui tient la route, bref ça n’est pas donné à tout le monde, en somme. Et puis je dois dire aussi qu’en tant que blogueur sélectionné, j’ai disons la chance d’être assez influent auprès de Jacques pour lui donner quelques conseils et je dois avouer que depuis qu’ils ont appliqué mes préconisations je trouve que la qualité s’en est ressentie. Je crois que c’est quelqu’un d’intelligent qui a tout de suite compris ce que je lui disais et je pense que la presse française ne s'en porte pas plus mal.

Alors oui, je le dis sans concessions, j'achète Vendredi® (presque) toutes les semaines (j'ai tout de même ma petite liberté, je l'achète si je veux). Je ne le lis pas entièrement, bien sûr, l'important c'est de l'acheter, mais ça me permet surtout de relire ce que j'ai écrit bénévolement sur Internet, et puis je le fais lire aux autres : mes voisins, mes parents, les voisins de mes parents, les parents de mes voisins, et puis quand je ne trouve plus de public je l'écris sur mon blog, en espérant que ce soit repris dans Vendredi®.

Ca a littéralement changé ma vie. Avant, en soirée, quand on me demandais ce que je faisais dans la vie, je proposais immédiatement une nouvelle coupe de champagne, ou j'embrayais sur les résultats du PSG. J'avais trouvé quelques techniques, comme ça, pour détourner l'attention mais en général, ça revenait toujours sur le tapis. Alors j'étais obligé de l'avouer, "je suis banqfffrfrfier". Pardon, j'ai pas bien entendu ? Je suis banquier ! Ah. Alors à ce moment-là, deux possibilités : soit la personne en face de moi finissait sa coupe d'un seul trait, et prétextait un vague petit four à aller chercher au buffet, soit je me farcissais l'éternelle discussion sur l'évolution des taux d'intérêt pendant le restant de la soirée.

Vous savez, je ne donne pas mon URL à n'importe qui...


Mais maintenant, tout ça, c'est fini. Je dis "Je suis banqfffrfrfschtroumpf et Ecrivain". Ah oui, Ecrivain ? Waouh, c'est pas donné à tout le monde. Oui, oh, c'est surtout une passion, tu vois.

Sexuellement, bon, c'est pas encore ça, mais je vous raconterai tout ça dans un prochain billet, c'est promis.

C’est pas tout ça mais il faut que je trouve un titre. Soyons clair, on est dans un monde compétitif, on va pas tortiller. Il faut surenchérir. Après tout, si je veux atteindre les 50000 visites et le top 100 du classement Wikio ce mois-ci, il va bien falloir trouver quelque chose. J'avais pensé à « Je dors avec Vendredi® », mais ç'aurait pu être contre-productif, on aurait pu penser qu'on s'ennuie avec Vendredi®, ou pire, que je souffre d'une carence affective. Ce qui est totalement faux !

« Je me masturbe avec Vendredi® », ça sonne pas mal et puis il n'y a pas d'équivoque possible. En plus c'est pas si faux que ça. Je chercherai sur Google mais je pense que personne ne l’a encore pris. A mon avis, ça devrait passer pour la sélection de cette semaine, en plus j'ai pu caser le nom de la marque une bonne quinzaine de fois dans le billet. A moi les cinquante euros...

mercredi 25 mars 2009

Alerte enlèvement : toujours aucune nouvelle des petits Bernard et François

Personne ne les a revus depuis le 19 mars. Près d'une semaine sans que Bernard Thibaut et François Chérèque ne donnent de leurs nouvelles. Et c'est leurs camarades de classe qui ont donné l'alerte : "On a manifesté ensemble le 19 mars. On avait promis de se revoir pour organiser autre chose. Les gens étaient très demandeurs. On avait même évoqué une grève générale illimitée pour déconner. Et depuis pas de nouvelles. Je suis inquiet". 6 jours sans aucun signe de lutte. Et l'angoisse qui grandit.


... je suis au bistrot

Les policiers chargés de l'enquête s'intéressent au contexte familial des deux frères. Les enquêteurs peinent à s'y retrouver dans cette famille recomposée, entre Nicolas Sarkozy, un père autiste et violent, et Laurence Parisot, une mère maniacodépressive. Une mère qui ne cache pas son inquiétude: "Je ne crois pas à la thèse de la fugue. C'étaient des enfants sages, presque trop soumis. Ils m'obéissaient au doigt et à l'œil. Surtout le petit François. Leur absence est inquiétante". Le père, quant à lui, perd chaque jour espoir : " Je ne crois plus à leur retour. Ma famille part en couilles. Déjà les petits frères montrent des signes de rébellion. J'ai de moins en moins d'autorité". Les enquêteurs craignent effectivement une explosion de la cellule familiale, où François et Bernard tenaient apparemment un vrai rôle de soupape face à la tyrannie parentale.

La thèse de la fugue face à une autorité parentale oppressante est-elle si farfelue? Si les parents admettent "avoir mis une bonne correction" aux deux frères après "leurs conneries" du 19 mars et du 29 janvier, les voisins et les amis des deux ados avouent que malgré la brutalité, "Bernard et François entretenaient des liens affectifs fusionnels avec leurs parents" et qu'aucun des deux n'envisageaient de "s'émanciper". Même face aux humiliations quotidiennes (restriction du droit de grève, service minimum, paquet fiscal ...), la loyauté des deux garçons ne s'est jamais démentie.

"Bon c'est bien gentil la manif', mais maman nous attend pour le goûter!"

L'enlèvement reste donc la piste la plus plausible. Mais qui et pourquoi? La piste familiale semble privilégiée par les enquêteurs. La mère Laurence Parisot aurait indiqué à la police que ses cousins antillais lui vouaient une certaine jalousie, eux qui connaissent de grandes difficultés avec leurs fils Elie Domota, entre réclamation d'argent de poche et refus des coups.

A ce stade, le silence de Bernard et François reste un mystère.

vendredi 20 mars 2009

Eric Besson menacé d'expulsion

Le ministre Eric Besson a été interpellé cet après-midi dans les locaux de l'UMP. C'est un simpe contrôle d'identité qui a permis aux forces de l'ordre de constater que monsieur Besson ne possédait pas de carte de l'UMP et était donc en situation irrégulière sur les terres de la droite française. "Les premières investigations montrent que Eric Besson est entré de manière illégale à l'UMP, vraisemblablement entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2007. Et depuis sa situation n'a fait l'objet d'aucune régularisation. Il est de fait expulsable" confiait un proche de l'enquête. En attendant son passage devant le juge, Eric Besson a été placé en centre de rétention, un traitement jugé inhumain par son avocat : "Ces conditions de détention sont sordides. Les gens sont parqués comme des animaux. Mais quel crime a t'il commis? Celui de ne pas avoir sa carte de l'UMP. C'est une pratique contraire à un état de droit".



Qui aurait pu deviner?

L'arrestation d'Eric Besson est le point d'orgue de la chasse aux sans-carte menée par la droite française. Une traque qui frappe sans discernement aussi bien de vulgaires arrivistes que ceux qui cherchent de bonne foi à s'intégrer. Car le parcours d'Eric Besson est en tout point exemplaire. D'origine socialiste, il est depuis l'adolescence fasciné par le pouvoir et se sent à l'étroit dans un parti incapable de se mettre en ordre de marche pour les présidentielles. C'est en 2007 qu'il prend la décision de tout quitter et de partir en quête d'une vie meilleure, là-bas, de l'autre côté du MODEM. La droite, cette terre promise où il sait que tout est possible, où tous ses rêves peuvent devenir réalité. Lui qui aime à dire "je suis né socialiste, mais mon coeur est à droite", s'investit corps et âmes pour s'intégrer. Il apprend rapidement la langue et s'approprie tous les tics de son mentor, Nicolas Sarkozy. Il apprend la lâcheté, la trahison. Il redouble d'ardeur pour défendre le libéralisme, le racisme et toutes les valeurs qui font de l'UMP un grand parti. Un parti dont il est fier. Mais un parti qui ne veut pas de lui. "La droite tu l'aimes ou tu la quittes" avait déclaré Frédéric Lefèvre. Eric Besson aime la droite. Peut-être trop. Trop proche de l'extrême-droite pensaient certains, dans sa haine affichée de l'étranger.

Il avait réussi à duper les plus vigilants

Eric Besson risque donc à tout moment d'être expulsé vers le Parti Socialiste. Un parti dans lequel il n'a plus d'attaches. Un parti où il risque sa vie: "Eric court un vrai danger à retourner au PS. Ces activités politiques passées le destinent à un placard dès son arrivée. L'UMP l'envoie à sa perte" déclare, apeurée, son épouse."On vit dans la crainte. Je n'ai pas pu le voir depuis son incarcération. Notre famille est déchirée. Notre couple tangue". D'ores et déjà, l'avocat de la famille Besson a déposé une demande d'asile politique. Par ailleurs, il pourrait aussi essayer de faire jouer le regroupement familial. En effet, Bernard Kouchner, qui serait un cousin éloigné de la famille Besson, possède des papiers de droite en règle. Mais monsieur Besson devrait, pour cela, se soumettre à un test ADN , "une mesure qu'il juge vexatoire et attentatoire aux droits de l'homme" d'après son avocat.

Pendant ce temps, la police cherche à remonter la filière clandestine. En effet, Eric Besson serait loin d'être un cas isolé d'immigration illégale entre le PS et l'UMP. Dominique Strauss-Kahn, Michel Rocard, Jean-Pierre Jouyet, Jack Lang et tant d'autres font craindre une véritable invasion aux cadres de la droite française. Une enquête qui pourrait permettre à Eric Besson de sauver sa peau. "La délation est un devoir citoyen. Si monsieur Besson nous donne le nom de ses passeurs, nous pourrons envisager une régularisation" assure le député Frédéric Lefèvre. Mais pour l'instant, l'ancien socialiste se refuse à jouer les "balances". Il se murmure qu'il risquerait plus politiquement à donner des noms (très haut placés) qu'à retourner au PS.


"Je me barre au mercato!"

La question des flux migratoires entre la gauche et la droite est en tout cas loin d'être résolue. "Il faut absolument développer notre politique d'aide au développement des partis de gauche" résume le premier ministre François Fillon. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que depuis deux ans, ce gouvernement s'y emploie : du bouclier fiscal à l'autisme social, l'équipe de Nicolas Sarkozy offre toutes les armes au PS pour se développer. Saura t'il saisir cette chance?