lundi 30 juin 2008

Nicolas Sarkozy présentera lui-même le JT sur TF1 et France 2

« Il faut marteler nos idées », martèle Nicolas Sarkozy


« Je vais prendre mes responsabilités (...). Je suis partisan d'un système simple et démocratique.(…) », a déclaré le Chef de l’Etat.

« Voilà un système démocratique où on comprend qui fait quoi et comment. Franchement, le système a besoin d'être changé, j'assume pleinement. Je vois déjà les critiques », a-t-il ajouté.

C’est avec un certain courage et beaucoup d’audace que le Président dévoile petit à petit sa vision du Service Public. N’ayant jamais caché le peu de confiance que lui inspiraient les fonctionnaires, le Président avait décrété en septembre dernier « la fin du modèle de la fonction publique française. »

En supprimant la publicité sur les chaînes publiques, le Président devenait le chef de file naturel du mouvement contestataire anti-pub et lui conférait ainsi la légitimité dont ils avaient besoin, tout en ancrant définitivement son image « du côté du peuple ».

Ici, un Français moyen interviewé laisse entendre sa satisfaction concernant les mesures sur l'audiovisuel.


Désormais, le Président assumera la lourde tâche d'informer les Français. Réduction des coûts, gain en efficacité, c’est bien d’en-haut que doit venir l’exemple. S’il ne vient pas d’en haut, d’où voulez-vous qu’il vienne ? Et ce ne sont pas les donneurs de leçon du Parti Socialiste qui peuvent la ramener sur le sujet.

La Transparence, le concept phare du Président. « Ceux qui refusent la transparence sont ceux qui ont quelque chose à cacher »


Libéral et socialiste, en mettant en place un partenariat public-privé (TF1-France 2), le Président entend ainsi développer l'efficacité du service public et ne pas laisser aux mains du privé le monopole de l'information.

Fini ce temps béni des colonies, cette époque soixante-huitarde attardée où le Général de Gaulle sonnait Alain Peyrefitte, alors Ministre de l’Information, chargé de centraliser les communiqués des différents ministères, cette époque archaïque où l’ORTF, la « voix de la France » diffusait hypocritement des informations filtrées. La rupture est consommée.

L'ORTF, un système d'un autre temps.


Une décision qui par ailleurs a été saluée par l’ensemble de la profession journalistique, du public comme du privé. De l’aveu de Jean-Pierre Elkabbach : « On va pas téléphoner tous les quatre matins à Nicolas pour établir la grille des programmes, décider qui présente quoi, quel sujet doit être abordé ». En clair, Nicolas Sarkozy décide de jouer la simplicité dans la Transparence, une « exigence morale », selon lui.

La grande majorité des journalistes du PPA n'a pas émis la moindre critique.


Aujourd’hui, il réalise le rêve insufflé aux Français en 2007 de disposer d’un service public efficace et transparent, et qui doit enfin permettre d’assumer sa mission de « satisfaire les besoins d’information, de culture, d’éducation et de distraction du public » (*).

(*) Loi n° 64-621

dimanche 29 juin 2008

Vers la fin des allocations chômage

Alors que le chômage repart à la hausse, le gouvernement a décidé, à la surprise générale, de durcir sa politique en matière d'emploi. Comme François Fillon l'a annoncé ce week-end, il est question de supprimer l'ensemble du dispositif d'indemnisation. "On s'aperçoit que notre système est inefficace. Les cotisations chômage pèsent sur la compétitivité de nos entreprises, et n'incitent pas les chômeurs à reprendre un emploi" a argué le premier ministre. Comme le soulignait le sénateur UMP Serge Dassault la semaine passée, "c’est quand même anormal de vouloir donner de l’argent de l’Etat qui n’en a pas beaucoup à des gens qui ne veulent pas travailler parce qu’on les paye trop et coûtent aussi beaucoup d’argent à l’Etat". Et il est effectivement pertinent de s'interroger sur la pérennité d'un processus d'assistance qui semble être devenu une machine à créer du chômage.
Interrogé sur le revirement spectaculaire de la politique de l'emploi, le premier ministre a réfuté tout changement de cap. "Il s'agit plus d'une accélération que d'un retournement. Il faut aller plus loin dans l'incitation au retour à l'emploi"a tempéré le premier ministre. Même s'il admet que la situation des comptes publics est "préoccupante", il réfute tout lien de causes à effets. "Les comptes sociaux n'ont rien à voir là-dedans et l'Etat ne gagnera rien dans l'affaire. Les cotisations chômage seront supprimées. Ce qui rendra des marges de manœuvre à nos entreprises et du pouvoir d'achat aux français". Il semblerait que pour une fois, la France soit à la pointe de la modernité et cesse de courir après les réformes de ses voisins européens.

Les chômeurs ne pourront plus se cacher derrière les paravents pour éviter de bosser

Laurent Wauquiez, ministre de l'emploi, a donc été chargé de mettre en musique cette "révolution idéologique". Si rien n' a encore filtré sur le calendrier et la méthode qui guidera ce projet, intitulé "Une bataille d'avance face à l'emploi", le ministre a d'ores et déjà annoncé que tout serait vraisemblablement prêt pour la rentrée. Il admet qu'il sera "impossible pour le gouvernement de négocier avec les partenaires sociaux des principes de la réforme" mais a appelé les syndicats et l'opposition parlementaire à la "responsabilité" et à la "retenue". Selon lui, "il serait criminel de vouloir politiser cette question" et a rappelé que ce n'est pas "aider les chômeurs que de les laisser dans l'assistanat et l'oisiveté".

Les patrons de bar s'opposent à la réforme :"après la vignette et le tabac, ils s'attaquent à nos clients"

Le gouvernement semble jouer sur du velours. Peu de voix se sont élevées pour s'opposer à ce volet de la réforme et l'opinion apparaît de plus en plus excédée par le montant exorbitant des indemnisations chômage. Nicolas Sarkozy semble en phase avec l'opinion lorsqu'il affirme "qu'il est tout de même extraordinaire qu'un chômeur gagne plus qu'un honnête travailleur".
Le premier ministre a par ailleurs avoué lors de sa conférence de presse, qu'il sentait une évolution des mentalités, et a souligné le rôle responsable de la presse dans cette "bataille pour l'emploi".



Mais tout le monde n'a pas le sens des responsabilités et le second volet de la réforme provoque quelques remous dans le milieu associatif. Même si rien n'est arrêté sur le sujet, le premier ministre a tout de même évoqué de possibles sanctions contre les chômeurs. "L'idée serait de criminaliser le chômage, c'est à dire de rendre les chômeurs pénalement sanctionnables". Il s'agit de créer un "choc psychologique" qui pousserait véritablement les chômeurs à chercher du travail et qui motiverait les autres à garder le leur. "Il est temps de remettre un peu de compétition et de bon stress dans la société française". Voilà une véritable révolution culturelle qui risque malheureusement de se heurter de plein fouet aux archaïsmes français.
Au sujet de la nature des sanctions, M. Fillon a dit que ce point serait négocié par les partenaires sociaux mais que sa préférence allait à des amendes voire de la prison ferme pour "les chômeurs multi-récidivistes".



Le gouvernement passe donc à l'offensive sur la question de l'emploi, et l'opposition semble pour l'instant K.O.

vendredi 27 juin 2008

Au secours la gauche revient!

L’ouverture et l’entrée de personnalités de gauche au sein du gouvernement a marqué le début du mandat de M.Sarkozy. Les observateurs avisés ont alors pensé qu’il s’agissait plus d’une stratégie visant à étouffer le parti socialiste que d’une réelle inflexion politique.

Il semble depuis lors que le président ait amorcé un virage à gauche tout en douceur, sans faire de bruit. Quelques mesures plus ou moins retentissantes mais ô combien symboliques sont venues ces derniers temps confirmer la nouvelle orientation politique choisie par les plus hautes sphères de l’Etat.

Il y eu d’abord l’annonce surprise de la suppression de la publicité sur les chaînes de l’audiovisuel public (une vielle idée de la gauche), qui sous couvert de faire remonter le cours de l’action Bouygues (TF1) en reportant les budgets publicitaires de France Télévision vers les chaînes privées annonce en fait une croisade contre la marchandisation croissante du monde vécue comme un fléau et dont la publicité est un des symptômes à éradiquer.


Plus radical, et plus inquiétant encore, l’entrée de l’Etat dans le capital des Chantiers de l’Atlantique qui marque sans doute le début d’une vague de nationalisation de grandes entreprises. Politique d’un autre temps, que même le dernier gouvernement socialiste n’avait pas osé mettre en place, préférant privatiser pour être plus en phase avec son époque.


Citons également « la prime à la cuve » mesure d’assistanat qui ne va pas encourager les ménages les plus modestes à se responsabiliser et à tenir leur budget. Le gouvernement, non content d’avoir doublé le montant de cette prime déjà existante, entend désormais faire peser cette hausse et d’autres à venir sur un grand groupe pétrolier. Ce n’est assurément pas en taxant ainsi les fleurons de notre économie que nous allons gagner la bataille de la productivité.

Mais c’est avec l’inflexion de la politique répressive, marque de fabrique de notre président, que nous avons franchi un cap majeur. Alors même que notre pays a besoin de fermeté et d’être remis sur les rails, on a assisté en l’espace de huit mois, suite à deux évènements comparables, à un bouleversement très net et saisissant du discours.
Souvenez vous en novembre 2007 les émeutes de Villiers-le-Bel en réaction à un banal accident de circulation, les échauffourées et les tentatives d’homicides sur les forces de l’ordre dans les jours suivants. La réponse du pouvoir avait été ferme et proportionnée : Le président avait fort bien réagi et à maintes reprises. Il avait tout d’abord expliqué que les violences à Villiers-le-Bel n'avaient «rien à voir avec une crise sociale» mais «tout à voir avec la voyoucratie», il avait ensuite affirmé qu’« On aurait pu avoir un drame », que « La République ne cédera pas un pouce de terrain », Que ces émeutes étaient « d'une extrême gravité ». Il avait ensuite déclaré : « Je veux dire de la façon la plus solennelle que j'ai fixé un objectif de résultat: nous retrouverons les tireurs (...) un par un et pour eux ce sera la cour d'assises»…On se souvient aussi des appels a témoins avec primes et de la descente de plus d’un millier de policiers dans la cité. Du beau travail !

Des incidents du même ordre viennent d’avoir lieu en marge d’une manifestation de viticulteurs. En effet près de 200 d’entre eux cagoulés et armés de massues ont mené des véritables opérations commandos dans l'Hérault, notamment à Montpellier et Pèzenas, après une manifestation pour réclamer des mesures d'urgence pour ce secteur en crise. Parmi les incidents (un distributeur automatique de billets et des portes vitrées d'une agence du Crédit agricole vandalisés, tentative d’incendie d’une autre agence et un platane abattu…) une voiture de gendarmerie avec six gendarmes à bord a été renversée et incendiée. Et là surprise ! Pas de déclaration du chef de l’Etat, même pas un petit communiqué, pas de réactions en cascade des membres de la majorité outrés.
Seule la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie qualifie tout de même le geste de «tentative d'homicide » et ajoute « Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas eu d'interpellations qu'il n'y aura pas de suites judiciaires, il n'y a pas d'impunité quand il y a destruction », tandis que Michel Barnier, ministre de l’agriculture a lui « redit sa vigilance et sa disponibilité pour répondre à la crise de la viticulture du Languedoc-Roussillon, avec de véritables situations de détresse pour de nombreux viticulteurs ». On peut s’interroger sur le manque de réactivité de la classe politique et sur le changement de ton. Où est passée l’extrême fermeté de mise lorsqu’on s’attaque aux forces de l’ordre ? Les mots de M. Barnier montrent que le retour au laxisme est à l’ordre du jour. Va t-on à nouveau trouver des circonstances atténuantes aux coupables comme l’a fait la gauche pendant des décennies, alors que les responsables devraient être dès à présent recherchés, traqués, traduits en justice et sévèrement punis comme on en a pris l’habitude? M. Sarkozy que se passe-t-il ? Ressaisissez-vous.

En marge des manifestations un platane abattu et un incendie rejetant du CO2: un très mauvais coup porté au Grenelle de l'environnement qui ne doit pas rester impuni.


Il reste certes des mesures qui continuent à aller dans le bon sens mais il semble qu’elles servent de paravent à la politique réelle menée par ce gouvernement. Prenons garde à ce glissement car à ce rythme là, nous risquons dans 250 ans de nous réveiller sous le joug d’un régime marxiste.